Allaitement prolongé

Notre allaitement "prolongé"

Je dis prolongé car pour moi il s'agit d'un allaitement qui va au delà des quelques semaines, voire quelques mois habituels. Le choix de l'allaitement a toujours été une évidence pour moi, mais l'allaitement "long" de 15 mois que j'ai vécu avec Maëlis, je ne l'avais pas vraiment planifié. Il s'est imposé comme une évidence au fil du temps et c'est elle qui a fini par y mettre un terme sans que je ne cherche vraiment à l'en dissuader. Cette aventure est expliquée en détail sur le site de Maëlis ici.

Pour Léana, il me paraissait encore plus évident que je me dirigeais vers le même type d'allaitement, avec l'inconnue de ce nouvel enfant qui n'aurait peut-être pas le même comportement vis à vis du sein.

Avec Léana, j'ai eu le bonheur de pouvoir lui donner sa première tétée en salle de naissance, quelques instants après sa venue au monde et quand elle en a manifesté le désir. Je souhaitais très fort que les conditions de l'accouchement permette ce peau à peau et cette rencontre, la suite m'a confirmé à quel point j'avais bien fait de préparer cette naissance naturelle. Elle a eu le temps en premier d'ignorer mon sein pour accrocher son regard au mien, rencontrer le regard de son papa, s'imprégner des odeurs, des lumières et de son nouvel univers. Puis ensuite seulement le réflexe de succion est apparu et elle s'est accrochée au sein comme Maëlis avait pu le faire.
J'ai été surprise d'éprouver le même "pincement" sur un sein qui avait pourtant fait ses preuves !
Les premiers jours, avant la montée de lait, je l'ai laissée téter énormément. Bien plus que Maëlis pour qui j'écoutais encore les conseils donnés par les personnels soignants qui passaient ma porte de chambre avec toujours un avis (souvent contradictoire avec le précédent) sur la question. Je suis à nouveau passée par l'étape des bouts de seins sensibles à cause des succions répétées, je l'avais déjà supporté pour Maëlis et j'avoue que je ne m'attendais pas à repasser par là au second allaitement.
Le désagrément auquel je m'attendais et qui ne m'a pas loupé par contre ce sont les tranchées utérines. Des contractions qui apparaissent au moment des tétées à cause de la production d'hormones. Ces contractions sont bénéfiques car elles permettent à l'utérus de retrouver sa taille et sa forme initiales plus rapidement, mais elles sont de plus en plus douloureuses avec le nombre d'enfants. Au second j'ai déjà trouvé ça fort, j'étais obligée de souffler mes contractions en serrant les poings avec mon bébé au sein ! Heureusement, sachant que c'est bon pour son corps et surtout que ça ne durera que quelques jours, on prend son mal en patience !

Avec ce bébé qui tétait sans fin (sans faim ?), j'ai très rapidement eu ma montée de lait, moins de 48 heures après sa naissance, Léana a commencé à régurgiter un peu de lait et à se faire assommer par les tétées. Pas d'engorgement, pas d'effet "obus", pas de seins tendus et chauds, la montée de lait est passée presque inaperçue, le plus naturellement du monde.

Première semaine d'allaitement


Au retour à la maison, Léana a continué de téter très souvent, elle a grossi plus vite que Maëlis, et je ne comptais pas les tétées ni le temps passé au sein, ni le jour, ni la nuit.
Elle pleurait assez peu, nous n'avons eu que quelques temps difficiles vers ses 3 semaines qui nous ont amené à lui proposer une tétine : elle pleurait beaucoup le soir et ne se consolait qu'au sein. J'étais d'accord pour lui donner mais nous nous sommes rapidement rendus à l'évidence que ce qu'elle cherchait c'était le plaisir de la succion et non manger. Or mes seins ne savent pas s'arrêter de donner quand ils sont sollicités ! Du coup elle tétait pour le plaisir de la succion à s'en rendre malade, elle régurgitait, ce qui devait occasionner des désagréments gastriques, pour s'en consoler elle redemandait à téter, se rendait à nouveau malade et ainsi de suite... Elle n'a pas tout de suite accepté la tétine, mais quand ça a été le cas, les soirées sont devenues moins agitées. Elle a continué de se réveiller la nuit pour téter mais se rendormait aussitôt après, si bien que je ne trouvais pas cela dérangeant, d'autant qu'elle dormait toute à côté de moi.

J'avais beaucoup de lait et je n'ai jamais réellement détecté de "poussée de croissance" chez Léana. Il faut dire qu'elle a toujours eu bon appétit, en permanence !!! Du coup j'ai pu donner du lait au lactarium, chose que je n'avais jamais osé faire pour Maëlis et que j'avais regretté (et maintenant avec le recul je me dis que je n'avais peut-être pas la quantité suffisante avec Maëlis pour donner à côté...).

Vers 2 mois 1/2, nous avons commencé à réunir Léana et Maëlis dans la même chambre, espérant aussi que Léana allait petit à petit "faire ses nuits" et m'éviter les allers-retours nocturnes dans la chambre d'à côté... mais Léana n'était pas de cet avis !! Il faut dire qu'avec la fatigue, après la première tétée nocturne je finissais par recoucher Léana près de nous... du coup elle débutait sa nuit avec sa grande soeur, et elle la terminait avec nous ! Nous n'étions pas trop mal avec cet arrangement puisque nous avions nos débuts de soirée à nous et la fin des nuits était simplifié par sa proximité.

Cela a duré plusieurs mois comme ça, ma fatigue s'accentuant et Léana profitant à merveille, j'ai commencé à estimer que les tétées nocturnes devenaient de plus en plus superflues... mais comment revenir en arrière ? J'avais de la peine à envisager de la laisser pleurer, et je crois qu'il nous aura fallu attendre d'être prêtes toutes les 2 pour que Léana commence à dormir une nuit complète.

Vers les 6 mois de Léana, le jour où je me suis sentie prête, essentiellement grâce au fait que j'avais acquis l'intime conviction qu'elle l'était également, j'ai expliqué à Léana droit dans les yeux que c'était terminé les tétées de nuit, qu'elle mangeait bien la journée et que ça lui suffisait, qu'elle était assez grande et "ça suffit maintenant".  Ensuite, la nuit suivante je suis allée la voir quand elle pleurait, je l'ai prise dans les bras la première fois, on a fait un gros câlin, je lui ai répété doucement mais fermement que "ça suffit maintenant" etc... puis je l'ai recouchée sans tétée mais avec la tétine, son doudou et sa petite musique. Elle a râlé un peu, j'ai refait le trajet pour la tétine et la musique plusieurs fois et à 6 heures du matin, je lui ai donné sa première tétée du jour suivant totalement épuisée mais décidée à poursuivre mes efforts !
La nuit suivante je n'ai dû me déplacer que deux fois et sans devoir la prendre à bras, la nuit d'après une fois... et ça a duré quelques temps où nous avons pu dire "elle fait ses nuits".

Malheureusement quelques temps après elle a été malade, la bronchiolite avait frappé, elle dormait profondément la nuit, ne mangeait rien de ses journées... jusqu'à ce que la guérison arrive et que l'appétit revienne ! Mon lait n'était pas totalement tari mais avait fortement baissé et il a fallu que Léana stimule beaucoup pour remonter ma lactation. J'ai donc redonné sans compter jour et nuit pendant plusieurs jours pour retrouver l'équilibre... le travail de l'acquisition des nuits a dû reprendre au point de départ !

Et ça a fonctionné à nouveau... jusqu'à la maladie suivante !

Malgré ce yoyo des nuits, je persiste dans cet allaitement chahuté, parfois par la maladie de Léana, parfois par la mienne ou ma fatigue, car je sais que c'est le mieux pour elle et je tiens à continuer de lui offrir cette chance, au moins aussi longtemps que Maëlis en a bénéficié, voire même plus tard encore ! Je m'obstine avec d'autant plus de volonté qu'à chaque maladie Léana a repris son alimentation d'abord à travers mon lait puis elle est retournée progressivement aux solides. Pendant sa gastro elle ne faisait plus que téter et qu'aurais-je pu lui donner d'autre avec la même certitude qu'elle avait l'aliment parfaitement adapté à la situation ?

1 mois et quelques jours
1 mois et 1/2
2 mois



2 mois
Sur ce genre d'image je ressens comme l'allaitement est un dû pour elle, pas de question à se poser...
2 mois
3 mois 1/2

3 mois 1/2
4 mois 1/2
7 mois 1/2
8 mois 1/2
8 mois 1/2
8 mois 1/2
8 mois 1/2
8 mois 1/2


Pour ce qui est de l'avenir, la difficulté sera essentiellement dans nos rythmes de vie. Je reprends le travail dans quelques jours, j'ai des horaires décalés, mes semaines de matin il me faudra me lever entre 5h et 5h30 et tirer mon lait pour que Stéphane puisse le lui donner vers 7h (moi j'aurai déjà embauché à 7h), et mes semaines de soir, il faudra que Léana patiente jusqu'à mon retour. On verra comment il faudra s'organiser, ce ne sera pas simple... mais je ne compte pas baisser les bras !

A suivre !!